La 4e édition du Forum International des Énergies, organisée par Industrie du Maroc Magazine, s’est tenue ce mercredi 25 mars à Casablanca, sous l’égide du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable et du ministère de l’Industrie et du Commerce, autour du thème « Souveraineté énergétique et compétitivité industrielle. Le Maroc, hub stratégique de la transition mondiale ». Le forum a réuni des responsables institutionnels, des dirigeants d’entreprise, des experts et des porteurs de solutions autour des grands enjeux qui redessinent l’agenda énergétique et industriel du Royaume.
La séance
d’ouverture officielle a placé cette édition dans le contexte d’un moment
énergétique mondial instable. Dans son mot de bienvenue, Hicham Rahioui
Idrissi, PDG d’Industrie du Maroc Magazine, est revenu sur les tensions
géopolitiques, les perturbations observées autour du détroit d’Ormuz et leurs
effets sur les chaînes de valeur, les équilibres industriels et la sécurité
énergétique. Il a souligné, dans le même temps, la place du Maroc dans cette
nouvelle donne.
« Aujourd’hui, de nombreux pays s’inquiètent
pour leur industrie, pour leur compétitivité et pour leur sécurité énergétique.
Dans ce contexte, une réalité s’impose avec force. L’énergie n’est plus
uniquement un enjeu économique, elle est devenue un enjeu de souveraineté, de
résilience et de stabilité. Et c’est précisément dans cette lecture stratégique
que le Maroc s’est inscrit depuis plusieurs décennies », a-t-il déclaré.
Revenant sur
la trajectoire marocaine, il a salué la vision portée par Sa Majesté le Roi
Mohammed VI, en rappelant que le Royaume avait fait très tôt le choix
d’anticiper, à travers le développement des énergies renouvelables, la
diversification du mix énergétique national et la construction progressive des
bases d’une souveraineté énergétique. Il a également souligné que cette
orientation apparaît aujourd’hui avec « une clarté particulière », dans un
monde confronté à de fortes incertitudes d’approvisionnement et de
compétitivité. Selon lui, l’actualité « démontre
que cette vision n’était pas seulement pertinente. Elle était stratégique. Elle
était nécessaire. Et surtout, elle était en avance sur son temps. Les résultats
sont aujourd’hui tangibles », a-t-il insisté.
Pour terminer,
le PDG d’Industrie du Maroc Magazine a mis l’accent sur la nouvelle étape qui
s’ouvre pour le Maroc. « L’enjeu n’est
plus uniquement énergétique. Il est désormais industriel. Il s’agit de
transformer cette avance stratégique en avantage compétitif durable pour notre
économie », a-t-il déclaré.
À la suite de
Hicham Rahioui Idrissi, Hanane Belyagou, Directrice des Industries
Aéronautiques, Ferroviaires, Navales et des Énergies Renouvelables au ministère
de l’Industrie et du Commerce, a défendu une lecture très concrète de la
transition énergétique comme levier direct de transformation productive. Elle a
insisté sur la nécessité de convertir les évolutions en cours en « opportunités concrètes », capables de
générer de la valeur économique et industrielle, avant de rappeler que « la décarbonation n’est plus un choix »,
mais « une nécessité ».
Dans le
prolongement de cette idée, elle a déclaré que la compétitivité de demain se
jouera de plus en plus sur le terrain du carbone. Autrement dit, l’empreinte
environnementale tend à devenir un facteur central de performance,
d’attractivité et de positionnement industriel.
Elle a
également souligné le rôle du cadre réglementaire dans cette transformation, en
citant la loi 82-21 relative à l’autoproduction d’énergie électrique, qu’elle a
présentée comme un levier important de décentralisation énergétique, de
maîtrise des coûts et d’accélération de la transition verte.
La suite du
forum s’est articulée autour d’un programme scientifique structuré en trois
panels. Le premier a été consacré à la géostratégie, à la souveraineté
énergétique et au financement. Le deuxième a porté sur le lien entre industrie,
décarbonation et compétitivité, et le troisième a abordé les enjeux de
l’hydrogène vert, des territoires et des nouvelles chaînes de valeur. Deux
keynotes ont complété ce dispositif, l’une consacrée à l’énergie comme vecteur
de décarbonation de l’industrie marocaine, l’autre à la sécurité juridique
comme premier actif de la transition des entreprises.
Une séquence
Innovation & Business dédiée aux startups a enfin clôturé la journée, avec
un accent mis sur l’efficacité énergétique et la performance industrielle,
ainsi que sur la digitalisation, la data et le pilotage intelligent.
Ces
différentes séquences ont été animées par des responsables de haut niveau issus
des sphères institutionnelles et du secteur privé, permettant d’aborder les
sujets avec densité, recul et profondeur. Les échanges ont donné lieu à de
véritables confrontations de points de vue, nourries par l’expérience du
terrain, les impératifs industriels, les enjeux de financement et les exigences
de transformation en cours. Les séances de questions-réponses ont, elles aussi,
apporté une réelle valeur ajoutée en permettant au public présent d’interroger
directement les intervenants, de prolonger le débat et d’éclairer les
implications concrètes des sujets abordés.
À travers
cette 4e édition, le Forum International des Énergies a confirmé sa vocation de
plateforme de dialogue, de réflexion et de convergence entre les politiques
publiques, les stratégies industrielles, l’innovation et les dynamiques
entrepreneuriales.
Dans un
environnement international instable, le forum a mis en lumière la nécessité de
faire émerger des réponses concrètes pour consolider la souveraineté
énergétique du Maroc et renforcer sa compétitivité industrielle.
