Rabat - "Echange sur la réduction des risques" est l'intitulé d'un forum virtuel qui s'est déroulé, jeudi, avec pour principal sujet les dernières avancées en matière de réduction des risques en général et de réduction des risques du tabac en particulier.
L'évènement,
animé par une pléiade d'experts d'Europe, d'Afrique et du Maroc, a porté sur
plusieurs thématiques allant du "concept de réduction des risques :
principes et exemples" au "rôle de la science dans la réduction des
risques et son impact sur la santé publique", avec pour fil conducteur un
"cas d'étude sur la réduction des risques du tabac".
Intervenant
à cette occasion, Imane Kendili, spécialiste marocaine de la toxicomanie et du
comportement, s'est penchée sur la question de la réduction des risque en tant
que stratégie gagnante en Afrique, notant dans ce sens que le Maroc a toujours
encouragé une telle approche.
S'agissant
des politiques anti-tabac, l'experte a relevé que l'interdiction en tant
qu'approche s'est avérée inefficace, soulignant dans ce sens que des
alternatives doivent être disponibles, comme c'est le cas au Maroc.
Dans
le même ordre d'idées, l'ophtalmologue Sud-africain Kgosi Letlape a mis en
avant la complexité de la question de la réduction des risques liés au tabac,
plaidant en faveur de la généralisation de thérapies de substitution de la
nicotine sûres et basées sur des produits de bonne qualité.
Pour
sa part, Joseph Magero, président de Campaign for Safer Alternatives, une
organisation panafricaine qui milite pour l'adoption de politiques de réduction
des risques liés au tabac en Afrique, s'est dit en faveur de la disponibilité,
en Afrique d'alternatives à la cigarette telles que le vapotage et le snus.
De
son côté, le britannique Harry Shapiro, directeur de DrugWise, un service
d'information en ligne sur les drogues, a jugé que la lutte contre le tabac est
"une guerre en cours", notant que la solution consiste à aller au
delà de la "théocratie" de la lutte antitabac qui cible la nicotine
et de s'ouvrir sur les alternatives.
Concernant
la question du blanchiment du visage, un autre aspect traité lors de cette
rencontre, le professeur Moussa Diallo, chef du département de dermatologie à
l'Hôpital Aristide Le Dantec au Sénégal, a mis en avant l'expérience de son
pays en matière de réduction des risques de cette tradition commune en Afrique
qui utilise plusieurs produits chimiques nocifs.
Le
marché pharmaceutique sénégalais dispose désormais d'une variété de produits de
blanchiment du visage qui sont naturels et inoffensifs pour la santé, a-t-il
indiqué.
La
rencontre, organisée par Integra Africa - une institution basée à Johannesburg-
en collaboration avec Philip Morris International, avait pour but de
sensibiliser et d'instaurer un dialogue sur le concept de la réduction des
risques en Afrique et de mettre en évidence les approches innovantes en matière
de politique et de pratique, ainsi que les dernières preuves scientifiques dans
le domaine de la réduction des risques.